L'avis de plusieurs exécutifs des chaînes américaines sur les tendances actuelles de la télévision : stopper le développement rapide des dramas

26 Janvier 2015 , Rédigé par Boby Publié dans #News

L'avis de plusieurs exécutifs des chaînes américaines sur les tendances actuelles de la télévision : stopper le développement rapide des dramas

A l'occasion du "TCA Winter Press Tour" organisé mi-janvier où les exécutifs des networks américains viennent présenter aux journalistes leurs nouveautés et discuter de l'état de santé de leur chaîne, le Hollywood Reporter a posé une dizaine de questions identique à une vingtaine d'exécutifs sur les tendances actuelles, auxquelles ils ont pu répondre avec humour ou sérieux. Au travers de leurs réponses, quelques thèmes sont ressortis.

Stopper le développement massif et rapide des dramas

Premièrement, le nombre toujours plus important de dramas qui se développent et qui sont proposés à la fois sur les networks, le câble ou des plateformes de streaming est un sérieux problème soulevé par Cindy Holland (Netflix) qui pointe ainsi en comparaison le manque important de showrunners expérimentés pour porter des projets. De plus en plus de séries sont développées avec de jeunes showrunners sans grande expérience, ce qui conduit souvent à des catastrophes.

Rob Sherenow (Lifetime) regrette ainsi cette nouvelle époque où le développement est précipité, où l'on commande directement des séries sans pilote et où l'on se presse de les mettre à l'antenne. Il aimerait revenir à une époque où l'on pouvait prendre le temps de travailler une série afin d'en tirer véritablement le meilleur.

Le constat est similaire pour Michael Lombardo (HBO) qui souhaiterait mettre un terme à cette mode des shows "pré-packagé" qui débarquent avec déjà des acteurs, des réalisateurs et des scénaristes attachés, tout ça dans l'espoir d'obtenir plus que la commande d'un script. Pour lui, cela ne permet pas à un projet de se développer naturellement.

La fuite des téléspectateurs

"Mais où est-allé tout le public ?", c'est la question que se pose Bob Greenblatt (NBC). David McKillop (A&E) souhaiterait ainsi que cette tendance des audiences déclinantes s'arrête, à tel point que les chaînes américaines commencent petit à petit à ne plus vouloir communiquer les audiences de la veille, préférant attendre de comptabiliser les visionnages différés à trois ou sept jours pour avoir une vision plus globale. Cette décision, qui a débuté avec FX à l'été dernier, est ainsi soulignée par Sarah Barnett (BBC America) comme un des changements qui l'a la plus impressionnée l'an passé.

"Il y a le DVR, la VOD... tout ces nouveaux trucs. J'aimerais savoir si tout le monde est aussi sous pression comme nous" se demande Dirk Hoogstra (History). Gary Newman (FOX) souhaiterait ainsi que tout le monde s'accorde sur un modèle de mesure d'audience standardisé, d'autant plus quand tout le monde peut communiquer et agréger n'importe quels chiffres de nos jours.

"True Detective" et les Awards

Le cas "True Detective" et de son format hybride continue visiblement d'irriter plusieurs exécutifs qui répondent de manière décalée à quelques questions qui leur sont posées. Ainsi, pour citer le fait d'un de ses concurrents qui l'a le plus impressionné l'an dernier, Chris Albrecht (Starz) répond "le nombre de catégories différentes dans lesquelles HBO a pu placer True Detective".

Pour résoudre le problème des sitcoms que connaît l'industrie, Charlie Collier (AMC) suggère ironiquement de soumettre les prochaines saisons de "American Horror Story" et "True Detective" dans les catégories de meilleures comédies. De manière un peu plus sérieuse, David Nevins (Showtime) pense qu'il faudrait modifier les catégories des "Emmy Awards" pour pouvoir nominer davantage de comédies et de dramas.

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